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Le défi des terres rares en Europe : une condition sine qua non pour les technologies vertes

L'Europe est confrontée à une dépendance à l'égard de pays tiers pour l'approvisionnement en matières premières essentielles utilisées dans les technologies vertes. Cependant, des entreprises cherchent à proposer des alternatives européennes pour relever ce défi. Ce problème est au cœur d'un règlement prochainement présenté par l'Union européenne (UE).



Le lithium et les terres rares, des matières premières essentielles, sont en passe de devenir plus importants que le pétrole et le gaz, alors que l'UE s'efforce d'atteindre la neutralité carbone.


Mais qu'est-ce que les terres rares et pourquoi sont-elles indispensables à de nombreuses technologies ? Pour le découvrir, nous nous rendons à Sillamäe, une petite ville côtière d'Estonie abritant la seule installation de séparation des terres rares de l'UE.


Vasileios Tsianos, directeur du développement entrepreneurial de Neo Performance Materials, l'entreprise exploitant le site, explique : "Les terres rares sont des matières premières essentielles pour la transition de l'Union européenne vers les technologies vertes". Il cite l'exemple du néodyme et du praséodyme, deux éléments de terres rares traités à Silmet et utilisés dans la fabrication d'aimants permanents frittés à base de terres rares. Ces aimants permettent d'économiser de l'énergie et sont utilisés dans les moteurs des véhicules électriques, contribuant à réduire la taille des batteries dans certains cas.


Les terres rares, composées de 17 éléments, sont utilisées dans de nombreuses applications, allant des systèmes de guidage de missiles aux billets de banque, mais elles sont principalement destinées à la fabrication d'aimants extrêmement puissants. Vasileios Tsianos nous montre de larges pièces de métal de niobium et explique comment elles sont purifiées à une pureté de 99,999999%, ce qui est essentiel pour les réacteurs d'avions, les fusées et autres applications.


L'UE est consciente de la nécessité de développer de nouvelles mines et de renforcer l'ensemble de la chaîne de valeur des matières premières. À l'heure actuelle, elle dépend d'un petit nombre de pays tiers, notamment de la Chine, qui fournit 66 % de toutes les matières premières essentielles et 98 % des terres rares. La Chine est également le principal fabricant des aimants permanents à base de terres rares nécessaires pour les moteurs des véhicules électriques.


Pour remédier à cette situation, l'UE prévoit de présenter un règlement sur les matières premières critiques qui vise à garantir un approvisionnement diversifié et fiable tout en respectant des normes sociales et environnementales élevées. Des critères tels que l'origine du matériau et les pratiques d'exploitation seront pris en compte.


L'entreprise française Imerys a entrepris l'exploration du gisement de lithium découvert sous sa mine de kaolin à Beauvoir, en France. Alan Parte, vice-président des Projets Lithium chez Imerys, souligne l'importance croissante de répondre à la demande en lithium en Europe. Avec une prévision de multiplication par dix de la demande d'ici 2030, il est essentiel de développer des projets d'extraction locaux pour réduire la dépendance de l'Europe envers d'autres pays.


Le projet mené à Beauvoir vise à fournir 34 000 tonnes d'hydroxyde de lithium par an, ce qui pourrait répondre aux besoins d'environ 700 000 véhicules électriques chaque année. Cette initiative témoigne de la volonté d'Imerys de soutenir la transition vers les technologies vertes et de contribuer à la réduction de la dépendance européenne aux importations de lithium.


Un autre aspect clé du règlement sur les matières premières critiques de l'UE est l'investissement dans des filières de recyclage innovantes. En favorisant le recyclage des matières premières, il devient possible de réduire la nécessité d'en extraire davantage. Cette approche contribue à la durabilité et à la préservation des ressources naturelles.


En Estonie, l'entreprise Neo a prévu la construction de la première usine de fabrication d'aimants et d'un centre de recherche et développement (R&D) en Europe à Narva. Ces installations utiliseront les oxydes magnétiques de terres rares séparés produits à Sillamäe. Ce projet permettra à la ville de se détourner de l'industrie locale du schiste bitumineux et de contribuer à la transition vers des sources d'énergie plus propres.


En résumé, l'Europe fait face à un défi majeur dans sa dépendance à l'égard des pays tiers pour l'approvisionnement en terres rares et en autres matières premières essentielles aux technologies vertes. Cependant, des initiatives telles que l'exploration de gisements de lithium en France et le développement d'installations de fabrication d'aimants en Estonie témoignent de la volonté de l'UE et des entreprises européennes de relever ce défi et de garantir un approvisionnement durable et diversifié en matières premières pour soutenir la transition énergétique.

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