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L'Europe vise l'extraction locale de matières premières critiques

La Commission européenne a dévoilé un plan d'actions visant à aborder la question des matières premières critiques. Parmi ses principaux objectifs figure la relance de l'extraction sur le territoire européen dans le but de diminuer la dépendance aux importations.



Le plan d'actions sur les matières premières critiques a pour principal objectif d'exploiter les ressources présentes en Europe en mettant l'accent sur quatre axes majeurs. Tout d'abord, il vise à établir des chaînes de valeur européennes solides. Ensuite, il cherche à renforcer l'approvisionnement au niveau européen. Troisièmement, il s'efforce de promouvoir l'économie circulaire, la durabilité des produits et l'innovation afin de réduire la dépendance de l'Europe aux sources externes. Enfin, une autre mesure importante consiste à diversifier les sources d'approvisionnement en provenance de pays tiers et à éliminer les distorsions dans le commerce international. Pour atteindre ces objectifs, l'Union européenne (UE) propose la mise en place de dix actions spécifiques, en mettant l'accent notamment sur les défis liés aux terres rares nécessaires à la production d'aimants permanents, des composants essentiels pour les secteurs des énergies renouvelables, de la défense et de l'espace.


L'Union européenne (UE) a pour ambition de relancer d'ici 2025 l'extraction et la transformation des matières premières sur son territoire. La Commission justifie cette démarche en mettant en avant le potentiel prometteur des matières premières nécessaires aux batteries, telles que le lithium, le nickel, le cobalt, le graphite et le manganèse, qui sont présentes dans différentes régions d'Europe. Elle souligne également que les déchets miniers peuvent parfois renfermer des concentrations intéressantes de ces matières. Pour faciliter leur exploitation, l'UE envisage de se concentrer sur les régions ayant une expertise et des compétences minières, notamment dans les zones charbonnières. Le programme d'observation de la Terre, Copernicus, sera également mis à contribution pour soutenir l'exploration, l'extraction et la gestion post-extraction des matières premières. En parallèle, la Commission travaillera à l'élaboration de « critères de financement durable » pour les secteurs miniers et extractifs d'ici la fin de 2021.


Le recyclage est également un axe majeur de ce plan. Actuellement, l'exécutif européen déplore que le recyclage contribue peu à l'approvisionnement en terres rares, gallium ou indium. Ainsi, la Commission entreprendra une cartographie du potentiel des matières premières critiques secondaires provenant des stocks et des déchets de l'UE. L'objectif est de repérer des projets de valorisation viables d'ici 2022. La recherche et le développement (R&D) du plan de la Commission seront également axés sur le recyclage, ainsi que sur la substitution des matières critiques par d'autres non critiques offrant des performances similaires.


Une liste qui ne cesse de grandir


En ce qui concerne la mise à jour de la liste des matières premières critiques, la principale nouveauté est l'inclusion du lithium parmi les 30 matières premières critiques en raison de son importance économique et des défis liés à son approvisionnement. Selon la Commission, la demande européenne de lithium, un métal essentiel pour les batteries des véhicules électriques, pourrait augmenter de façon spectaculaire, se multipliant par 18 d'ici 2030 et par 60 d'ici 2050. De même, la bauxite, le titane et le strontium font leur apparition sur la liste, qui s'allonge continuellement au fil des révisions : 14 matières critiques en 2011, 20 en 2014, 27 en 2017 et désormais 30.

En revanche, l'hélium, bien qu'étant toujours une source de préoccupation en raison de sa concentration d'approvisionnement, est retiré de la liste en raison de la baisse de son importance économique.

Enfin, le rapport prospectif pour les horizons 2030 et 2050 évalue les besoins des secteurs considérés comme essentiels. Il souligne les tensions concernant le nickel, en particulier l'approvisionnement en nickel de haute pureté nécessaire à la fabrication des batteries. Le marché du nickel connaît un changement structurel qui entraîne des défis technologiques, des problèmes liés à la disponibilité des ressources géologiques et des barrières commerciales. Le rapport identifie également des tensions sur l'approvisionnement en terres rares, notamment en dysprosium, en raison de la domination chinoise dans ce domaine. De même, la concentration de l'extraction du cobalt en République démocratique du Congo présente des problèmes similaires. Le lithium suscite moins d'inquiétudes à court terme, mais le document explique qu'il sera nécessaire d'investir pour éviter un déséquilibre important sur le marché après 2025.



Bien que la bauxite, source d'extraction de l'aluminium, ait été initialement considérée comme une "matière première critique" dans la proposition de la Commission, elle n'était pas encore répertoriée parmi les "matières premières critiques" soumises aux objectifs de production nationale et à la procédure d'autorisation accélérée.


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